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Claude Paraponaris Professeur d’économie à l’Université d’Aix Marseille, Claude Paraponaris a exercé précédemment à l’Université de Savoie et à l’Université de Paris Est. Auteur d’une thèse sur l’automatisation des systèmes de production, ses travaux interrogent l’action autonome au sein des activités économiques. Proche des travaux de Pierre Naville et de Cornélius Castoriadis, il conduit ses travaux au sein de plusieurs collectifs de pensée tels que le Laboratoire d’Economie et de Sociologie du Travail (LEST CNRS), d’Ars Industrialis et de l’Association pour la Gestion des Connaissances dans la Société et les Organisations. Automatisation et créativité

Nous souhaitons mettre en perspective les différentes vagues d’automatisation qui ont touché les systèmes de production puis les bureaux d’étude et de conception. Ces automatisations concrétisent un imaginaire capitaliste qui a asservi les organisations et domestiqué les créativités. Nous connaissons aujourd’hui une nouvelle vague d’automatisation qui s’attaque à nos systèmes de perception afin de les aligner avec les automatismes déjà installés. Les technologies numériques peuvent être mobilisées afin de nous tenir à distance de ces mouvements. Pour cela il faut nous interroger sur l’orientation de nos organes psychiques, techniques et sociaux.

Colette Tron Colette Tron est auteur et critique, directrice artistique d’Alphabetville à Marseille, laboratoire des écritures multimédia, expérimentant et questionnant les arts et medias numériques, et les gestes, les formes, les représentations… dans ce milieu technique. Dans une perspective manifeste de constituer un espace public critique, les champs de pensée tentent des articulations entre arts, technologies et culture, ainsi que la conception de nouvelles approches pratique(s) et théorique(s) de l’art et de la culture. Elle est aussi membre du conseil d’administration d’Ars industrialis, association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit, fondée par le philosophe Bernard Stiegler. Désautomatisation, déprolétarisation, territoires et coopératives de savoir

Prenant acte des conséquences de l’automatisation intégrale produites par les technologies numériques et le traitement algorithmique des données massives (big data), cela au profit de quelques entreprises géantes et hégémoniques, planétaires, qui en conçoivent les applications à échelle hyperindustrielle, ce de manière disruptive, dans l’affolement du marché, et à perte pour l’économie générale : le taux élevé de destruction d’emplois génère une situation de misère et une désintégration sociale, dont la toxicité a déjà des effets destructeurs catastrophiques, sinon tragiques, Ars industrialis tente de dégager de cet état de fait, une « pharmacologie positive », notoirement en s’impliquant sur la communauté d’agglomération de Plaine Commune, par une expérimentation territoriale de recherche contributive. Ce processus s’inscrit dans les travaux prospectifs menés depuis plus dix ans par Ars industrialis, proposant avec l’économie contributive un modèle micro et macro-économique solvable et solidaire, dans le cadre de la redistribution du « temps de cerveau disponible » (non pas au service de Coca-cola !) laissé par l’automatisation : temps retrouvé, et non temps perdu, ni captif.

Corinne Morel Darleux Titulaire d’un doctorat britannique, consultante et animatrice de séminaires auprès de multinationales, elle décide de démissionner de son poste et intègre la fonction publique. Elle adhère en 2005 au Mouvement Utopia et choisit de rejoindre le Parti de Gauche au sein duquel elle prend la responsabilité du secteur écologie. Elue conseillère régionale Rhône-Alpes en 2010, elle est vice-présidente de la commission « développement durable et agriculture ». Elle est à l’initiative des Assises pour l’écosocialisme en Décembre 2012 et du réseau écosocialiste européen. Quel impact sur l’emploi d’une bifurcation écosocialiste de la société ?

Où en est-on au niveau du monde du travail et des syndicats dans leur rapport à l’écologie ? Le rapport 1 million d’emplois climat, les initiatives au pays basque, les estimations du CNRS et de l’Ademe, l’évolution par secteurs, lesquels baisseraient / augmenteraient, les nouveaux besoins en termes de qualification et les questions que ça pose en terme de démocratie sociale.

Danièle Linhart Sociologue travaillant sur l’évolution du travail et de l’emploi, Danièle Linhart est directrice émérite de recherche au CNRS. Ses travaux concernent tout particulièrement les mutations du travail, les formes de mobilisation des salariés pour s’acquitter de leur travail notamment dans les nouvelles méthodes de management qui ajoutent de « la précarité subjective » à la précarité de l’emploi. Dans son dernier ouvrage « La comédie humaine du travail…. », elle fait un parallèle entre le taylorisme et ces méthodes managériales qui tous deux constituent un déni du travail réel et un déni du statut de professionnel des salariés. Salariat et modernisation managériale

La clause de subordination inscrite au cœur de la relation salariale s’est largement individualisée dans le cadre de la modernisation managériale. Ce n’est pas sans effet sur la capacité des salariés à faire face aux conditions de leur mise au travail,  toujours dominée par la philosophie taylorienne d’attaque en règle de leur professionnalité, malgré une rhétorique managériale qui prône l’autonomie et la responsabilité au travail.

Eric Stemmelen Eric Stemmelen est mathématicien et docteur en économie. Spécialiste en analyse de l’opinion, il est entré à France Télévision en 1994 comme directeur de la Recherche et des Etudes, avant d’être directeur de la Programmation, puis directeur de l’Antenne et des Programmes de France 2 jusqu’en juin 2009. Rémunération du travail et croissance économique

Des origines (esclavage) au XXe siècle (salariat), la rémunération du travail a régulièrement augmenté. Ce phénomène de long terme est une des causes principales de la croissance économique, car le progrès du niveau de vie des travailleurs provoque l’essor de la production, il est d’ailleurs possible d’en faire la démonstration mathématique. Depuis 40 ans, cette tendance s’est inversée, avec les conséquences désastreuses que l’on sait…

Gérard Mordillat Romancier et cinéaste, Gérard Mordillat publie des poèmes, travaille avec Roberto Rossellini (grâce à la caissière de la Cinémathèque française), réalise un documentaire sur les patrons, devient responsable des pages littéraires du journal Libération, qu’il quitte après la publication de son premier roman, Vive la sociale !, en 1981. Il réalise en 1983 une adaptation de son livre au cinéma, puis enchaîne romans, essais, fictions et documentaires pour petit et grand écrans.

Il est Président de l’association Altermedia, en Ile-de-France, qui a pour vocation de former aux métiers du cinéma, des jeunes n’ayant pas obtenu le baccalauréat. Il préside le festival international sur la mer et les marins Ciné Salé qui a lieu au Havre.

Le travail est-il une marchandise ?

Quelle est la conception contemporaine du travail, quel est l’avenir du travail ? Est-il condamner à disparaitre ? C’est à toutes ces questions que nous tenterons de trouver des ébauches de réponse.

Isa Isa est une auteure de bande dessinée de Marseille. En 1995, tandis qu’elle poursuit des études de génie civil à l’École Normale Supérieure de Cachan, elle remporte un Alph’Art au festival de d’Angoulême en tant que lauréate du concours «Graine de pro».

Elle crée alors Puddingham Palace, une série de gags autour d’une famille royale dont les sujets, uniquement des animaux, n’ont pas vraiment tout compris aux règles protocolaires. Pré publiée de 1997 à 2004 dans le journal de Spirou, cette série fera l’objet de 4 albums chez Dupuis.

En 2005, toujours dans un registre semi-animalier, Isa s’essaie à la satire politique avec Kärchou  dans L’Écho des savanes, l’album sort en 2007 chez Albin Michel.

À la même époque, elle entame une collaboration régulière avec le magazine Fluide Glacial. Dans un premier temps, elle s’intéresse à une vieille gloire de l’écologie sous-marine, Le fantôme du commandant Cousteau sort en album en 2009.

Isa se consacre ensuite  à l’actualité socio-économique et à la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, en qui elle voit un personnage burlesque. Ainsi naît l’album La Vie Sentimentale de Laurence P. Mais Isa n’en a pas fini avec les patrons et en remet une bonne couche avec la publication de Terreur sur le CAC 40.

Terreur sur le CAC 40

Une conversation avec André Not, professeur de lettres

Isa, auteure de bandes dessinées,  se consacre depuis 2010 à l’actualité socio-économique et à la présidente du Medef, Laurence Parisot, en qui elle voit un personnage burlesque. Ainsi naît « La Vie Sentimentale de Laurence P. »  Mais Isa n’en a pas fini avec les patrons, elle continue de leur pourrir la vie en publiant un deuxième album « Terreur sur le CAC 40 ».

Jacques Généreux Maître de conférences des universités notamment à l’Institut d’Etudes Politiques  de Paris où il enseigne l’économie depuis trente-cinq ans. Il est membre de l’Association française d’économie politique et des Economistes atterrés.

Il est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels des manuels d’économie et des essais de réflexion politique. Opposé au libéralisme, il s’est engagé  dans un travail de refondation de la pensée économique et politique. Militant politique de longue date, il s’est opposé au projet de Constitution Européenne en 2005.

La Déconnomie : quand l’empire de la bêtise surpasse celui de l’argent

La théorie économique dominante n’est pas seulement discutable elle est absurde et les politiques économiques ne sont pas juste impuissantes à nous sortir des crises….elles nous y enfoncent. Tout cela est à proprement parler « déconnant », c’est à dire à la fois insensé, imbécile, catastrophique et incroyable. Rien n’est plus troublant que l’aisance avec laquelle une large fraction de nos « élites » s’enferme dans le déni du désastre engendré par sa propre ignorance.

Diagnostiquer cet effondrement massif de l’entendement pour lui trouver quelque antidote : tel sera le but de cette intervention.

Jacques Généreux Le new management: une gestion du travail criminelle et économiquement inepte

Le management par la peur, par la pression et par la compétition généralisée constitue un système d’organisation du travail socialement scandaleux, économiquement inefficace et écologiquement catastrophique. Aux coûts directs liés aux mauvaises conditions d’exercice du travail (accidents du travail, maladies professionnelles, arrêts de travail, indemnités versées aux victimes..) s’ajoutent les coûts indirects (coûts administratifs, pertes de production, coûts commerciaux, coûts juridiques…) pour les  entreprises et pour l’Etat. Tous ces indicateurs attestent d’organisations du travail décidément très déconnantes.

José Rose José Rose, 67 ans est professeur émérite de sociologie à Aix Marseille Université. Il est docteur en sciences économiques et habilité à diriger les recherches en sociologie. José Rose est aussi spécialiste des questions d’emploi, de travail et d’éducation. Il est l’ancien directeur scientifique du Céreq  de Marseille. Qu’est-ce que le travail non qualifié ?

La communication s’appuiera sur mon ouvrage paru aux Editions La Dispute en 2012. Il s’agira d’abord de critiquer la notion de travail non qualifié en distinguant qualification de la personne, de l’emploi et du travail. Puis je proposerai, au regard des publications parues sur le sujet, quelques éclairages sur l’ampleur, la répartition et les formes de l’emploi réputé non qualifié. Enfin, j’analyserai les politiques publiques conduites ces dernières années dans ce domaine avant d’ouvrir d’autres pistes d’action possibles.

Liêm Hoang Ngoc Maître de conférences à l’Université de Paris 1
Lauréat du prix Jacques Tymen de l’Association d’Economie Sociale (1990)
Chercheur à L’institut de Recherches  Economiques et Sociales (1992-1994)
Initiateur de l’Appel des économistes pour sortir de la pensée unique (1996)
Fondateur de la revue Pétition (1998)
Membre du collège fondateur d’ATTAC (1998)
Membre de la Mission interministérielle pour la célébration de la loi de 1901 (2000)
Secrétaire général du club Démocratie-Egalité (2000 à 2002)
Secrétaire général du club Nouveau Monde (2002 à 2005)
Chroniqueur de Politis dans la rubrique économique  « à contre-courant » (depuis 2003)
Membre du « think tank » La forge (2007-2009)
Chroniqueur économique sur France Inter, en binôme avec Bernard Maris pour la rubrique de 6h50 « l’autre économie » (2008)
Membre du Conseil National du Parti socialiste (de 2002 à 2015)
Secrétaire national adjoint en charge de l’économie au Parti socialiste (2008 à 2012)
Membre du Bureau national du Parti socialiste de 2012 à 2014 (démissionnaire après le congrès de Poitiers de 2015)
Co-fondateur avec Philippe Marlière du Club des Socialistes Affligés (2014)
Fondateur de la Nouvelle Gauche Socialiste (2015)
Député européen de 2009 à 2014. Conseiller régional d’Occitanie
Peut-on retrouver le plein-emploi et le goût du bonheur ?

Ce discours d’ouverture des Rencontres Déconnomiques revient sur l’occasion offerte, mais manquée, d’opter, lors de l’élection présidentielle, pour une politique de relance de l’économie orientée vers la transition écologique et la redistribution des richesses. Combinée à la réduction du temps de travail, ce type de politique permettrait, moyennant la consolidation de notre modèle social, de renouer avec un plein-emploi porteur de droits sociaux étendus et d’une réconciliation de l’être humain avec la nature.

Pierre Rimbert Rédacteur au Monde diplomatique L’économie des données et l’ubérisation de la société

Claironnées par les médias comme l’avènement d’une ère de partage et de félicité, l’économie dite « collaborative » qui propulse les grandes plateformes numériques (Uber, AirBnb, Amazon…) ne fait plus rêver. Entre précarisation salariale et évasion fiscale, les géants de la Silicon Valley actualisent sur un mode connecté et acidulé le vieux modèle néolibéral. Ils y ajoutent néanmoins une dimension particulière : l’appropriation privée des données personnelles. La socialisation de cette ressource pourrait servir des buts d’utilité publique. 

Raphaël Liogier Sociologue et philosophe, Raphaël Liogier est professeur des universités à Sciences-Po d’Aix-en-Provence et enseigne à Paris au Collège international de philosophie. Sortir de la fiction du plein emploi

Les sociétés occidentales sont entrées, au seuil du millénaire, dans une économie d’abondance qui bouleverse la condition humaine, mais dont nous ne savons pas voir la puissance libératrice. L’aveuglement des élites politiques et économiques face à l’ampleur de la révolution de l’intelligence artificielle, du numérique et d’Internet, pourrait transformer en désastre cette opportunité historique. Si nous ne revoyons pas de fond en comble nos conceptions du revenu, du travail, de la production, de la propriété, de la solidarité et de la fiscalité, nous risquons d’aller à une catastrophe inédite dont les crises financières successives ne sont que la répétition. La première exigence serait de se débarrasser de la fiction délétère du plein emploi qui divise et exclut pour enfin entrer dans une société de pleine activité qui rassemble et innove.

Vanessa di Paola  Maîtresse de Conférences en Sciences Economiques à  Aix-Marseille Université

Chercheure au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail

Directrice du Centre Associé Régional Céreq

Domaines de recherche :

• Economie du travail et de l’éducation, économétrie.

• Analyse des mécanismes de déclassement en début de vie active.

• Analyse de la mobilité professionnelle et des déterminants dans les durées de chômage.

• Place de l’emploi public dans l’insertion des jeunes.

• Evaluation des politiques publiques d’aide à l’insertion.

• Modélisation économétrique adaptée à l’analyse de données longitudinales.

Actuellement coordinatrice du projet de recherche WOman in MANagement : Quel genre de managers avant 40 ans ? Faits et discours dans 4 pays européens, financé par l’ANR

Devenir cadre en début de carrière : en route vers une féminisation ?

La présence des femmes sur le marché du travail n’a cessé de se renforcer et s’est accompagnée d’une progression de leur place parmi l’encadrement supérieur et les dirigeants d’entreprise : les femmes représentaient 23 % des cadres il y a vingt ans, elles sont 34 % aujourd’hui. Pour la première fois, en 2013, la part de jeunes femmes qui occupaient, trois ans après leur entrée sur le marché du travail, un emploi de cadre, est devenue quasi équivalente à celle des jeunes hommes. Néanmoins, cette part reste modeste au regard de l’augmentation considérable, dans le même temps, de leur taux d’accès à l’enseignement supérieur. En outre, l’accroissement des femmes parmi les cadres masque une ségrégation sectorielle et professionnelle ainsi qu’un moindre accès aux fonctions d’encadrement, et ce, malgré des progrès législatifs en matière d’égalité professionnelle femmes/hommes. Ainsi, à caractéristiques et diplômes identiques, elles ont encore 30 % de chances en moins que les hommes de devenir cadres, que le poste soit associé ou non à des responsabilités hiérarchiques. Ces dernières sont aussi davantage exposées aux contrats à durée déterminée et au temps partiel et leurs espaces professionnels restent clivés. C’est l’ensemble de ces éléments que nous explorerons pour la situation française, mais nous irons également plus largement regarder des premiers éléments de compréhension de freins ou facilitateurs contextuels au niveau européens.